Le 29 septembre, dans le cadre du Campus des Entrepreneurs, Sylvie Barberger (Blooming Stone), coordinatrice de formation, animera un atelier à destination des dirigeants de PME. Forte de 25 ans d’expérience dans l’évaluation de candidats et de collaborateurs, elle nous invite à découvrir la morphopsychologie et la manière dont cette approche peut enrichir les échanges en recrutement comme en management, sans jugement ni discrimination.
Un CV renseigne sur un parcours et des compétences, mais il ne suffit pas toujours à comprendre la manière dont une personne fonctionne. En entretien, de nombreux dirigeants perçoivent un décalage entre les informations présentées et leurs propres observations, sans parvenir à le définir ni à l’utiliser avec justesse. L’enjeu de cette formation est de leur transmettre des clés d’observation pour mieux décrypter les comportements et améliorer la qualité du dialogue avec les candidats comme avec leurs équipes. Une approche complémentaire, qui ne remplace ni l’évaluation des compétences ni l’entretien structuré ni les mises en situation.
Beaucoup de recruteurs sentent qu’un entretien classique ne raconte pas tout. Deux candidats aux compétences équivalentes peuvent avoir des façons de fonctionner très différentes, sans que cela ressorte dans des réponses préparées. La difficulté la plus fréquente que je vois chez les dirigeants, c’est de ne pas savoir quelles questions poser pour aller chercher cette information. Résultat, c’est souvent eux qui parlent le plus en entretien, pas le candidat.
La morphopsychologie leur donne des points d’observation concrets pendant l’échange, qui orientent naturellement vers les bonnes questions à poser au bon moment, ou qui permettent de nuancer les questions et surtout de laisser enfin la parole au candidat. Ce n’est pas un outil de tri, et il ne doit jamais devenir un critère de sélection. C’est un outil pour mieux écouter et comprendre ce qui se joue face à vous.
Ce qui rend cette lecture fiable, c’est l’expérience qui la nourrit. En 25 ans de carrière RH, j’ai mené des centaines d’entretiens, chez Christian Dior Couture, Pfizer, le groupe Carrier ou encore Clasquin, où j’ai contribué au recrutement de 850 personnes. J’ai observé ces mécanismes sur des métiers très différents, de la haute couture à l’industrie, de la santé à la logistique internationale. Cette diversité de secteurs et de fonctions affine la lecture, plutôt que de plaquer une grille unique sur des réalités très différentes.
La discipline part d’un principe simple : la façon dont un visage s’est construit dans le temps garde une trace de la personnalité. Vous apprendrez à observer deux mouvements de base, la dilatation et la rétraction, qui donnent des indications sur le rythme, le besoin de contact ou au contraire d’analyse d’une personne. Nous verrons aussi comment ces traits s’organisent par zones du visage, chacune renseignant sur un registre différent, la pensée, l’affectif ou l’action concrète. J’insiste sur un point dès le départ. Ce n’est pas une science exacte. Un trait ne veut rien dire isolément, il s’interprète toujours dans l’ensemble du visage et avec prudence. La formation s’appuie sur les travaux du Docteur Corman, fondateur de la Société Française de Morphopsychologie, avec sa formule qui résume bien l’esprit de cette intervention : non pas juger mais comprendre.
Le bénéfice principal, c’est une meilleure qualité d’échange. Vous repartez avec des points d’observation qui affinent votre écoute, en entretien de recrutement, en orientation interne ou en management courant.
La formation alterne apports théoriques et exercices pratiques sur des photos, ce qui permet d’ancrer les notions immédiatement plutôt que de rester dans l’abstrait. Je travaille toujours en petit groupe, avec des temps de partage collectif qui font émerger les questions de chacun.
Ma conviction, et je la partage dès l’introduction, c’est que cet outil sert à comprendre, jamais à juger ni à décider seul d’un recrutement. Il vient compléter l’entretien, l’enrichir, pas le remplacer. Il est indispensable d’avoir un usage responsable de ces observations, dans le recrutement comme dans le management au quotidien.